Lancement du festival

Les Feux de l’amour

Un spectacle pyrotechnique et littéraire unique

 

Le samedi 21 septembre à 20h30 à l’Abbaye de Jumièges, à l’occasion du lancement du festival Terres de Paroles et des Journées européennes du patrimoine, la « plus belle ruine de France » s’est illuminée sous les feux d’artifices élaborés par Jean-Eric Ougier, « metteur en fête » et producteur de manifestations pyrotechniques. 

 


Poèmes, citations, extraits & musiques

Lectures par Vincent Dissez, acteur, artiste associé du Théâtre national de Strasbourg.

 

Rhapsody in Blue, George Gershwin

 

Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
Sous tes pas je les ai déroulés.
Marche doucement car tu marches sur mes rêves.

William Butler Yeats

 

Mazeppa, Franz Liszt

 

« C’est après une nuit orageuse, et pendant laquelle je n’ai pas fermé l’oeil. C’est après avoir été sans cesse ou dans l’agitation d’une ardeur dévorante, ou dans l’entier anéantissement de toutes les facultés de mon âme, que je viens chercher auprès de vous, Madame, un calme dont j’ai besoin, et dont pourtant je n’espère pas pouvoir jouir encore. » Le Vicomte de Valmont

Les Liaisons dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos

 

« Je n’ai pas passé un jour sans t’aimer ;  je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras ; je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie. »

Napoléon Bonaparte à la Citoyenne Beauharnais, 1796

 

« Ils s’aimaient parce que tout autour d’eux le voulait : la terre sous leurs pieds, le ciel au-dessus de leurs têtes, les nuages, les arbres. Leur amour plaisait à leurs proches peut-être plus qu’à eux-mêmes; aux inconnus dans la rue, aux lointains qui s’écartaient devant eux dans leurs promenades, aux pièces dans lesquelles ils vivaient et se rencontraient. C’était cela l’essentiel, c’était cela qui les rapprochait et les unissait. Jamais, même dans leur bonheur le plus généreux, le plus fou, jamais ils n’avaient oublié leur plus haut, leur plus émouvant sentiment : le sentiment bienheureux qu’ils aidaient eux aussi à façonner la beauté du monde, qu’ils avaient un rapport profond avec toute la beauté, avec l’univers entier ».

« Ma charmante, mon inoubliable ! Tant que les creux de mes bras se souviendront de toi, tant que tu seras encore sur mon épaule et sur mes lèvres, je serai avec toi. Je mettrai toutes mes larmes dans quelque chose qui soit digne de toi, et qui reste. J’inscrirai ton souvenir dans des images tendres, tendres, tristes à vous fendre le cœur. Je resterai ici jusqu’à ce que ce soit fait. Et ensuite je partirai moi aussi. »

Docteur Jivago, Boris Pasternak

 

Magnificat, Jean-Sébastien Bach

 

Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n’a point de loi.

Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
A baiser (de Pluton ou la femme ou l’amie),
N’ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ?

En vivant presse-moi de tes lèvres de roses,
Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.

Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas,
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.

Maîtresse, embrasse-moi, serre-moi, Sonnets pour Hélène, Pierre de Ronsard

 

Déshabillez-moi, Mylène Farmer

 

Arrière les fictions de vos romans imbéciles, ces trames de mensonges tissues par la Folie ! Donnez-moi le doux rayon d’un regard qui vient du cœur, ou le transport que l’on éprouve au premier baiser de l’amour.

Rimeurs, qui ne brûlez que du feu de l’imagination, dont les passions pastorales sont faites pour le bocage, de quelle heureuse source d’inspiration couleraient vos sonnets, si vous aviez savouré le premier baiser de l’amour !

Si Apollon vous refuse son aide, si les neuf sœurs paraissent vouloir s’éloigner de vous, ne les invoquez plus, dites adieu a la muse, et essayez de l’effet que produira le premier baiser de l’amour.

Je vous hais, froides compositions de l’art. Dussent les prudes me condamner et les bigots me désapprouver, je recherche les inspirations d’un cœur qui bat de volupté au premier baiser de l’amour.

Vos bergers, vos moutons, tous ces sujets fantastiques peuvent amuser parfois, mais ne pourront jamais émouvoir. L’Arcadie n’est, après tout, qu’un pays de fictions ; que sont ces visions-la, comparées au premier baiser de l’amour ?

Oh ! ne dites pas que l’homme, depuis sa naissance, depuis Adam jusqu’à nos jours, a été soumis a la loi du malheur ; il y a encore sur la terre quelque chose du paradis, et l’Eden revit dans le premier baiser de l’amour.

Quand l’âge aura glacé notre sang, quand nos plaisirs auront disparu, — car les années pour s’enfuir ont les ailes de la colombe — le souvenir le plus cher et qui survivra a tous les autres, celui que notre mémoire aimera le plus a se rappeler, c’est le premier baiser de l’amour.

Le premier baiser de l’amour,  Lord Byron

 

Je veux vivre dans ce rêve, Charles Gounod – Roméo et Juliette

Lacrimosa, extrait du Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart

 

« Durant toute sa vie, il aurait l’impression de se rappeler chaque minute passée avec elle, chaque angle de rue qu’ils tourneraient, chaque aquarelle des nuages au-dessus de leurs têtes. Et pourtant, dans les moments les plus proches de la mort, donc les plus vrais, c’est cet instant-là qui reviendrait avec la patiente douleur de son amour : la senteur amère de la neige, le silence d’une chute du jour et ces yeux qui l’avaient retenu debout. »

L’amour humain, Andréï Makine

 

« Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu’à toi, avec l’effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas. Si tu connais un truc pour t’oublier, fais le moi savoir. »

L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder

 

J’ai regardé devant moi 
Dans la foule je t’ai vue 
Parmi les blés je t’ai vue 
Sous un arbre je t’ai vue 

Au bout de tous mes voyages 
Au fond de tous mes tourments 
Au tournant de tous les rires 
Sortant de l’eau et du feu 

L’été l’hiver je t’ai vue 
Dans ma maison je t’ai vue 
Entre mes bras je t’ai vue 
Dans mes rêves je t’ai vue 

Je ne te quitterai plus

Air vif, Le Phénix, Paul Eluard

 

La vie en rose, Grace Jones

 

« Nom de Dieu. Tout bouillonne à l’intérieur de moi.  Les mots ne suffisent plus.  J’ai envie de mordre dans les choses, avec mes dents.  Je t’adore. Tu me fais croire que tout est possible. »

Correspondance passionnée, Anaïs Nin, Henry Miller

 

La Belle excentrique 1, Erik Satie

 

« L’amour fait des fous, le mariage des cocus, le patriotisme des imbéciles malfaisants. »

Paul Léautaud

 

La Belle excentrique 4, Can Can, Erik Satie

 

« Ceux et celles pour qui l’amour consiste uniquement à s’envoyer en l’air ont intérêt à ouvrir leur parachute pour freiner la descente. »

Pierre Dac

 

Le Picadilly, Erik Satie

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble

Nous dormirons ensemble, Louis Aragon

 

Paradis, OrelSan

 

Ô mon très cher amour, toi mon oeuvre et que j’aime,
A jamais j’allumai le feu de ton regard,
Je t’aime comme j’aime une belle oeuvre d’art,
Une noble statue, un magique poème.

Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.
Je te crée à jamais pour qu’après mon départ,
Tu transmettes mon nom aux hommes en retard
Toi, la vie et l’amour, ma gloire et mon emblème;

Et je suis soucieux de ta grande beauté
Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:
C’est moi qui l’ai conçue et faite tout entière.

Ainsi, belle oeuvre d’art, nos amours ont été
Et seront l’ornement du ciel et de la terre,
Ô toi, ma créature et ma divinité !

Guillaume Apollinaire

 

Le printemps, cantate de Rome, Claude Debussy

 

« La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes. La sagesse n’est pas dans la raison, mais dans l’amour. »

André Gide

« J’aime le sol qu’il foule, l’air qu’il respire, et tout ce qu’il touche, et tout ce qu’il dit. J’aime tous ses regards, et tous ses gestes, je l’aime entièrement et complètement. Voilà. »

Les Hauts de Hurle-Vent, Emily Bronté

« L’amour nous fait faire et dire ce qu’il veut. C’est un enfantillage orgueilleux de vouloir lui résister. Il y a des milliers d’années qu’il est maître. On ne peut pas faire autrement de lui obéir. »

Tristan Bernard

« Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble. »

L’Ombilic des limbes, L’amour sans trêve, Antonin Artaud

« L’amour, il faut que ça déborde, que ça crépite, que ça bouillonne, que ça jaillisse. »

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, Raphaëlle Giordano

 

Quand on a que l’amour, Jacques Brel

 

Fin du spectacle

 

Poèmes diffusés sur l’abbaye :

 

« Je n’ai jamais imaginé qu’on pût être à ce point hanté par une voix, par un cou, par des épaules, par des mains. Ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis. »

La Promesse de l’aube, Romain Gary

◤  « Il me faudra des mois, des mois, pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je veux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, sur vos yeux, sur votre cou… »

L’écume des jours, Boris Vian

 

Poèmes, citations et extraits non diffusés :

 

« Vous ne saurez jamais que votre âme voyage / Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté / Que la beauté du monde a pris votre visage / Qu’un peu de votre voix a passé dans mon chant. »

Extrait du recueil Les charités d’Alcippe, Marguerite Yourcenar

« Il faudrait que je cessasse de vivre pour cesser de vous aimer. »

Les crimes de l’amour, Marquis de Sade

« C’est que l’amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue souvent de verdoyer sur un cœur en ruine. Et ce qu’il y a d’inexplicable, c’est que plus cette passion est aveugle, plus elle est tenace. »

Notre-Dame de Paris, Victor Hugo

« Les amours des hommes sont de grandes glaces paysannes bordées de velours rouge, ou, plus rarement, de velours bleu. »

Poisson soluble, André Breton

« Plaisir du plaisir, joie de la joie, bonheur du bonheur, c’est cela l’amour, rien de plus. »

Gaspard, Melchior et Balthazar, Michel Tournier

« Les fous et les amoureux appartiennent à la même espèce, d’ailleurs on dit « amoureux fou ». »

Celle que vous croyez, Camille Laurens