Gaspard LIEB

© Jean-Pierre Sageot

L’artiste est né en 1975 en banlieue parisienne. Il vit et travaille aujourd’hui en Normandie. Des études de philosophie et d’esthétique l’amènent à enseigner la philosophie et à écrire des textes et catalogues pour divers artistes. Essentiellement autodidacte dans ses pratiques artistiques, il finira par fréquenter rapidement les cours du soir aux Beaux-Arts de Rouen. Il prend en 2010 le nom de Gaspard Lieb et commence à coller sur les murs des figures légères et poétiques, parfois accompagnées d’un titre ou d’une phrase. Il s’agit toujours de peupler la ville d’autres figures humaines et de proposer des petites surprises urbaines, des rencontres furtives. Ce que motive l’affichiste ou tout artiste urbain, c’est peut-être cette envie de réduire l’écart entre l’art et la vie. C’est surtout le désir de retrouver une pratique artistique qui s’inscrit dans la vie réelle et non simplement derrière sa table à dessin, ou dans l’espace réservé de la galerie, afin de proposer à des inconnus des images, souvent étranges, belles ou « pour rire », mais toujours éphémères. « Ma pratique du dessin ne prend vie que lorsqu’elle rencontre la vie, dans la rue. Le collage finalise le trait. Et puis tout cela n’a de sens que parce qu’on le partage… Il s’agit toujours de produire des rencontres modestes, heureuses ou poétiques, pour peupler nos dérives urbaines, nos trajets quotidiens. » écrivait-il lors de son intervention au Point Limite à Rouen. En 2015, il participe à l’exposition « Flaubert dans la ville » pour laquelle il colle près de 200m2 de dessins, accompagnés des textes de l’écrivain, dans les rues de Rouen et sur son Campus, proposant ainsi à voir mais aussi à lire Flaubert dans nos rues. En 2016, pour Rouen impressionnée, l’artiste fait surgir du Conservatoire de Rouen un Danseur de 6,5 m de hauteur, collé sur un mur extérieur, à la vue des passants, et se reflétant dans sur la façade du bâtiment. Il continue depuis à alterner ses pratiques de collages sauvages, et la réalisation de collages monumentaux pour des institutions, collectivités ou musées…C’est en 2017 et au Musée de l’horlogerie de Saint Nicolas d’Aliermont qu’il réalisa son plus grand collage à ce jour, 14 mètres d’engrenages dessinés et d’humanité pris dans les rouages du temps.